Tunis,16 août (TAP)- La Caravane internationale de la Route de la Soie a achevé son parcours de plus de 7.000 kilomètres en Mongolie, après avoir traversé la Turquie, la Russie, l’Asie centrale, le Kirghizistan et la Chine, à la veille de l’ouverture, lundi à Oulan-Bator, de la 17e session de la Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD). La Tunisie a été représentée dans cette caravane par Adnène Helali, acteur de la société civile et promoteur du projet du Centre culturel de Jebel Semmama, dans le centre-ouest du pays. Helali est le seul participant arabe à avoir parcouru l’ensemble de l’itinéraire, de la Turquie à la Mongolie, portant la voix de Jebel Semmama et l’expérience des communautés montagnardes et pastorales arabes dans cet espace international. "Sur plus de 7.000 kilomètres, la caravane a rapproché des cultures, des mémoires et des communautés pastorales diverses, faisant revivre l’esprit historique de la Route de la Soie dans une perspective contemporaine, où la route devient un espace de dialogue, de développement et de protection des terres et des cultures", a déclaré Helali à l’agence TAP. "De Semmama à la Mongolie, 7.000 kilomètres ont été parcourus, mais l’histoire dépasse largement la distance. Le vent qui a accompagné la caravane a aussi emporté avec lui la voix de Semmama", a-t-il ajouté. Helali a également défendu une conception de la culture comme " force de développement" et moyen de lutter contre ce qu’il appelle la "désertification culturelle". L’arrivée de la caravane en Mongolie revêt une importance particulière dans le contexte de l’Année internationale des parcours et des pasteurs 2026, qui met en lumière les communautés pastorales et les enjeux liés à la dégradation des terres, au changement climatique et à l’avenir des parcours. La caravane, placée sous le signe de la culture, du développement, de l’environnement, du pastoralisme et de la lutte contre la désertification, arrive ainsi en Mongolie au moment où s’ouvre la COP17 de l’UNCCD, prévue du 17 au 28 août à Oulan-Bator sous le thème "Restaurer les terres. Restaurer l’espoir". Le sommet réunit des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et des experts internationaux autour des moyens d’accélérer la restauration des terres et de renforcer la résilience face à la sécheresse. Le choix de la Mongolie comme pays hôte revêt une forte portée symbolique. Près de 77 % de son territoire seraient affectés par la dégradation des terres, faisant du pays l’un des plus exposés à la désertification. À l’échelle mondiale, la dégradation des terres affecte jusqu’à 40 % des surfaces terrestres et menace notamment la sécurité alimentaire et la stabilité économique. Les pertes économiques liées à la sécheresse sont, quant à elles, estimées à environ 300 milliards de dollars par an, selon le nouvel indice mondial de capacité de résilience à la sécheresse (DRCI), qui doit être présenté le 25 août lors de la COP17. « La terre est notre infrastructure la plus vitale », a souligné Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de l’UNCCD, citée dans un communiqué de l’organisation, appelant à faire de la restauration des terres une priorité environnementale et de développement. Durant la COP17, les participants examineront notamment les questions liées au financement, à l’eau, aux terres et aux populations, ainsi qu’aux systèmes alimentaires et à la santé des sols. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) doit également annoncer de nouveaux appels à projets dans le cadre du Fonds mondial pour l’adaptation basée sur les écosystèmes, pour un montant de 7,5 millions de dollars. MYK |