Festival Ezzeddine Gannoun pour le Théâtre: monodrame «Amour» de Nour Riahi, une expérience inédite de lecture théâtrale
26/03/2019 08:35, TUNIS/Tunisie 

TUNIS,25 mars (TAP)- Prêter sa voix pour parler de sa vie n'est pas une question aussi évidente pour une jeune fille mais pas pour Nour Riahi. Dans son monodrame intitulé "Amour", elle se met dans la peau d'un adolescent lassé du traitement de sa mère qui trouve toujours le moyen de le mettre mal à l’aise. Un vécu que le jeune garçon décrit dans une sorte de journal intime avant de partir de chez lui. Ce n'est qu'à ce moment que, la maman, infligée par son absence, découvre enfin la raison de son départ.

Cette expérience inédite de lecture théâtrale a été présentée, lundi soir, à la salle El Hamra dans le cadre de la première édition du festival Ezzeddine Gannoun pour le Théâtre.

Le récit aborde le vécu d’un adolescent, étouffé, et poussé ainsi à fuir son bercail. Un malaise qu’il impute inconsciemment à un environnement familial déséquilibré où l’image du père est quasi absente à part les quelques fois qu’il a pu le rencontrer. Avant de partir, il laisse un carnet dans lequel il note tout ce qui le dérange et lui faisait plaisir en même temps. En lisant le texte, sa maman se rend compte du degré de souffrance qu’elle a pu infliger à son fils contraint à prendre une telle décision.

Le texte de ce monodrmae (écrit durant sept mois, depuis septembre 2018, sous la supervision de Narjess Ben Ammar de l’association l’Art Rue) en dialectal tunisien se démarque par un style assez fluide. La narration rentre dans les petits détails du vécu de ce jeune garçon qu’elle lui prête sa voix. L’imagination de cette jeune créatrice est débordante: elle opte pour la description de chaque évènement et de chaque détail comme si réellement elle parle de sa vie à elle et non de cet adolescent fictif.

Bilal Makki, chargé de production de programme «Résidences artistiques» à l’Art Rue, est revenu sur les débuts de Nour Riahi, une découverte de 2017. Cette jeune lycéenne, en deuxième année secondaire, est à seconde expérience dans ce genre de lecture théâtrale. La première a été dans le cadre de la manifestation Dream City 2017 qui propose des ateliers d’écriture théâtrale et de mise en scène de pièces qui sont par la suite interprétées sur scène. A l’époque elle avait écrit une lecture intitulée «Lettre à Dieu» .

Cette lecture est le couronnement d’une résidence d’écriture de ce programme, parmi cinq autres programmes artistiques de l’Art Rue. L’association œuvre à offrir aux artistes professionnels et émergents la possibilité de développer un projet artistique inspiré de leur environnement le plus proche.

Nour Riahi avait été invitée par l’Art Rue à l’issue de sa participation au festival Dream City alors qu’elle avait à peine 15 ans. Encadrée par deux dramaturges, une égyptienne et un belge, elle avait présenté une performance dans le cadre du programme «Superheroes» destinée aux jeunes ayant des compétences exceptionnelles à dépasser des phases assez difficiles de leur vie.

Elle a été repérée à travers la pertinence de ses écrits. La fabrique artistique L’Art Rue l’avait adopté pour travailler sur une année sous la direction de dramaturges qui l’ont formé sur les techniques d’écriture théâtrale. Ce travail a été accompagné par une présence massive à des spectacles de théâtre et des rencontres avec des professionnels afin de lui permettre de s’améliorer davantage.

A Dream City (festival pluridisciplinaire d’art contemporain organisé dans l’espace public), Nour évoluait au sein d’un groupe de jeunes créateurs, un cadre qui lui avait permis de côtoyer des professionnels qui l’ont aidé à étoffer son texte et élargir ses connaissances en matière d’écriture de monodrame. Actuellement, elle est à sa première expérience solo en matière d’écriture et dans le cadre d’un festival.

Abdelmonem Chouayet, directeur artistique du festival Ezzeddine Gannoun pour le Théâtre, a tenu à signaler l’intérêt de ce genre de lectures de textes de théâtre. L’initiative cadre avec la vocation de ce festival créé en hommage à la mémoire de Ezzeddine Gannoun, homme de théâtre et ancien responsable de cet espace qui a longtemps été un laboratoire de création théâtrale.

Chouayet évoque une première et unique lecture de cette édition qui vise avant tout d’offrir de la visibilité à cette jeune fille. Ceci pourrait constituer une occasion pour une éventuelle proposition de la part des metteurs en scène qui seraient intéressés à adapter son texte pour être joué sur scène. Il espère voir cette expérience se renouveler en proposant d’autres lectures durant les prochaines éditions.

FATY

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