Le président de la BAD à l’ouverture des assemblées annuelles à Malabo: « Pour intégrer l'Afrique, nous devrions faire tomber tous les murs »
12/06/2019 16:58, Malabo/Guinée équatoriale
Malabo, Guinée équatoriale, 12 juin (de l’envoyée spéciale de la TAP – Aida SGHAIER) -  « Pour intégrer l'Afrique, nous devrions faire tomber tous les murs, la libre circulation des personnes, et en particulier la mobilité de la main-d'œuvre, essentielles pour promouvoir les investissements»  a lancé mercredi, à Malabo (Guinée Equatoriale), le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Akinwumi Adesina, à l’ouverture des 54 èmes Assemblées annuelles de groupe de la banque.
Ces réunions, se tiennent jusqu’au 14 juin, avec la participation de la Tunisie, ont été placées sous le signe de « l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique » qui a pris son envol avec l’accord conclu en mars 2018 sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC).
« L’intégration régionale est essentielle pour l’accélération du développement de l’Afrique. Nous devons relier les pays enclavés à des ports. Nous devons permettre la libre circulation des personnes. Les investisseurs doivent avoir la possibilité d’investir au-delà des frontières nationales » a soutenu le président de la BAD.
« Fragmentée et divisée, l’Afrique restera faible. Ensemble et dans l’unité, rien ne pourra l’arrêter » a ajouté Adesina, en présence des présidents équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et de la RDC Congo Félix Tshisekedi et du roi de l’Eswatini Mswati III.
                     - Choix de l’Afrique centrale pour accueillir les Assemblées annuelles, une importance capitale -
   « La Banque tient, pour la première fois, ses Assemblées annuelles dans cette région de l’Afrique centrale qui revêt une importance capitale. Ces dernières années, nous y avons investi plus de 13 milliards de dollars. Pour chaque dollar investi, la région a mobilisé 36 dollars, soit un levier remarquable de 36 fois » a ajouté Adesina.
   Les « investissements ont aidé à construire les réseaux de fibres optiques de l’Afrique centrale, qui offrent aux populations un accès plus rapide et moins cher à l’Internet et stimulent, ainsi, les activités commerciales et l’intégration régionale ».
                     - Une Afrique résiliente au climat, une urgence -
 « Aujourd’hui plus que jamais, il est urgent de bâtir une Afrique résiliente au climat, comme en témoignent les récentes catastrophes causées par les cyclones au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe. » a considéré le président de la BAD, évoquant le volet climatique.
Le président de la BAD a noté que la banque a mobilisé un soutien en faveur de ces pays, et leur a fourni immédiatement un secours. « La semaine dernière, notre Conseil d’administration a approuvé un financement de 100 millions de dollars, pour aider à la reconstruction », lançant lors de l’ouverture de ces assemblées annuelles, un appel à la communauté internationale pour aider l’Afrique à s’adapter au changement climatique et à bâtir des économies résilientes. 
                     - L’avenir du continent Africain, plus radieux avec une croissance devant atteindre 4 % en 2019 -
  « L’avenir du continent s’annonce plus radieux. L’édition 2019 des Perspectives économiques en Afrique de la Banque africaine de développement fait ressortir que la performance économique globale continue de s’améliorer. La croissance devrait atteindre 4 % en 2019 et 4,1 % en 2020. Ce rythme a été qualifié de remarquable, comparé au taux de 2,1 % seulement enregistré pas plus tard qu’en 2016.
 En effet, 40 % des pays africains devraient afficher un taux d’au moins 5 % cette année, grâce à la reprise des cours des produits de base, et à la stimulation de la croissance par la demande intérieure et les investissements dans l’infrastructure.
                      - Les opportunités économiques de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), le plus vaste espace de libre-échange au monde -
Adesina a souligné les énormes opportunités de ZLEC africaine, nouvellement créée, qui fera du continent le plus vaste espace de libre-échange au monde, avec un PIB cumulé de plus de 3 300 milliards de dollars. La simple suppression des barrières tarifaires fera augmenter les échanges d’au moins 53 %, et, une fois les barrières non tarifaires éliminées, le volume des échanges pourrait doubler.
« La Banque africaine de développement est au cœur de la réussite de la ZLEC africaine ». Mais, cette réussite repose sur le financement du commerce. La Banque a déjà investi plus d'un milliard de dollars pour soutenir le financement du commerce, ce qui a permis de faciliter 111 transactions dans 43 pays et de générer pour 7 milliards de dollars d'échanges entre pays de la région.
                      - La libre circulation des personnes, un facteur clé de l’intégration africaine -
En collaboration avec la Commission de l'Union africaine et les Communautés économiques régionales, sur l'Indice d'ouverture sur les visas pour l'Afrique, « nous continuons de suivre la situation en matière de libre circulation des personnes. » a ajouté le président de la banque africaine de développement lors de l’ouverture des assemblées annuelles du groupe.
«  Des progrès ont été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire. L'indice d'ouverture sur les visas montre qu'en 2018, les Africains n'avaient pas besoin de visa pour entrer dans 25% des pays de la région. Ils ne peuvent obtenir un visa à l'arrivée que dans 24% des pays et ont toujours besoin d'un visa pour entrer dans 51% des pays.                     
                     Pour rappel, ces Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement ont démarré officiellement mercredi 12 juin, à la capitale équato-guinéenne, Malabo, sous le signe de «l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique» en présence de chefs d’Etats, de gouvernements, de gouverneurs et de représentants de la société civile, ainsi que de banquiers et financiers africains et non africains.
Une citation citée par Adesina et qui résume l’esprit de ces assemblées et du prochain rendez-vous de la BAD à Johannesburg, les mots de Chris McLean, PDG de ShoreChair Capital, une société de capital-investissement: « Je voyage et je fais des investissements en Afrique depuis plus de 20 ans, et je n'ai jamais rien vu de comparable au Forum pour l'investissement en Afrique »  qui «  a créé des bouleversements sismiques ». Une date a été annoncée, celle du prochain Forum pour l'investissement en Afrique (AIF 2019) qui se tiendra à Johannesburg, en Afrique du Sud du 11 au 13 novembre 2019. Elle est à retenir pour les pays africains et les porteurs de projets publics et privés où des financements massifs sont prévus.
INTER/AIS

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