Journée mondiale de la danse: Cyrinne Douss…Journal d’une chorégraphe qui partage sa danse au temps du confinement
29/04/2020 10:55, TUNIS/Tunisie 
TUNIS,29 avr. (TAP, par Sarra Belguith)-Le 29 Avril, Journée Mondiale de la Danse.  Pour Cyrinne Douss c'est tous les jours la Journée de la Danse ! En ces temps de confinement, elle  propose de (re)découvrir sur sa page facebook quelques unes de ses  créations en ligne pendant  toute une semaine du 27 avril au Vendredi 1er Mai. Chaque jour, elle  présente un focus sur une de ses créations, de la plus ancienne à la plus récente, en partageant des archives en tous genres : photos, textes, extraits vidéos  ou encore captations entières de spectacles vivants présentés pour la première fois en ligne.
Au programme, des retours sur ses créations « Unes « , ( 2011), « 1000 peaux » (2012), « D'une vie à l'autre » ( 2015), Zwez (2018) et sa toute dernière création « Filantes »( 2019)  avec le groupe « El Maghroumine », une performance  avec laquelle elle tisse des moments particuliers avec la médina de Tunis dont le festival est annulé cette année à la suite de la crise sanitaire du Covid 19. Partager entre autres "Filantes" avec les internautes est une manière d'offrir une ballade voire une errance dans ce lieu déserté cette année de soirées ramadanesques.
En tant que danseuse chorégraphe, la Médina l’a toujours fait rêver. Riche de ses reliefs, de ses volumes, de ses couleurs, la Médina est un espace ancré à la fois dans la réalité et le rêve de 1000 possibles. Au détour d’un mur, d’un café, d’un toit, plusieurs fois elle s’est retrouvée à imaginer de nouvelles explorations dansées, écrit t-elle dans le nouveau support en ligne "Le Journal de la médina".
Récit d’une artiste dans le Journal de la médina
Le 15 Juin 2019, se rappelle-t-elle, le Festival des Journées Chorégraphiques de Carthage a donné aux artistes du corps l’occasion d’investir la place « Beb El Bhar », cette porte physique et symbolique qui marque la frontière entre la nouvelle et la vieille ville, entre les temps nouveaux et les temps anciens, entre le maintenant et l’avant. Pourtant "la Médina, riche de son histoire, n’a rien perdu de sa superbe. Elle continue de rayonner, d’attirer, d’interpeller et de respirer tel un poumon dont les artères irradient et se distribuent au-delà de son propre corps. Médina, espace de vie, espace de secrets, espace de joyaux, espace de jeux, espace de folies, espace de rêves et de créativité". Le 15 Juin 2019, Cyrinne Douss qui vient de finaliser lors du confinement son site web,  revient sur la chance qu’elle a eu de pouvoir investir la place « Beb El Bhar » avec le groupe « El Maghroumine » avec la performance « Filantes ». "Les seize danseurs, amateurs qui plus est, 15 femmes et 1 homme, mesuraient l’enjeu et le défi, s’exprime-t-elle. Comment les spectateurs réagiront ils à cette proposition ?" « Filantes » propose une "traversée poétique et sensible d’un espace in situ par un convoi de danseurs. Ils rappellent les caravanes de nomades faisant halte sur leur route. Ils ne font que passer mais cet instant suffit à marquer le territoire de leurs empreintes invisibles. Là où elle se manifeste, la performance « Filantes » est une tentative de convoquer l’ailleurs : d’autres espaces mais aussi d‘autres temporalités". Sur le trajet, elle évoque "la provenance et la destination. Dans l’instant, elle interroge l’avant et l’après. « Filantes » invite alors à une nouvelle lecture des lieux et convoque d’autres dimensions. Elle met en relief les existences contrastées, ce qui est. Elle met en parallèle l’existence des danseurs, êtres vivants et celle des espaces qu’ils traversent. Deux réalités et deux échelles. Le temps d’une danse, éphémère par essence, la ville elle, imposante, perdure et s’étend". Droite, elle annonce et expose, ses forces comme ses fragilités, son histoire, son âge et son éloquence. Vieille de l’âge des générations qui l’ont construite, qui l’ont habitée, qui l’ont traversée. Les Hommes meurent mais la ville elle reste. Survivante. Aujourd’hui encore elle est. Traversée par ses habitants, les passants, les visiteurs d’hier et d’aujourd’hui qui lui donnent vie, lit-on encore. La ville vit, respire, raisonne. 15 Juin 2019. Les danseurs, 15 femmes et 1 homme s’installent. Ils sont là. Ils osent s’arrêter. Respirer. Observer. Prendre (la) place, prendre le pouls et la mesure de cet espace à la fois délimité et sans limite. Dans cette ville traversée par 1000 corps et 1000 visages, les seize danseurs tentent un renversement. Appréhender la ville autrement. Dans le bruit incessant des passants et commerces alentours, ils s’autorisent une pause/pose.Sentir, ressentir. L’air, les passants qui se frôlent, écouter les uns qui parlent, les autres qui crient à l’autre bout de la place. Le bruit des voitures. Ils observent, le temps d’une danse à la médina. Ce 15 Juin 2019, présenter « Filantes » aux portes de la Médina a été une expérience magique, note-t- –elle.
Aujourd’hui la Médina de Tunis est devenue cet espace de possibles où l’art et le réel peuvent et savent cohabiter. Comme si la Médina de Tunis savait accueillir, comme si elle avait donné sa permission pour toutes sortes d’explorations, conclut l'artiste.


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