5ème Salon régional des arts plastiques à Tataouine: Restitution visuelle multicolore des cultures
07/12/2018 07:53, TATAOUINE/Tunisie 

TATAOUINE, 06 dec 2018 (par Fatma Chroudi, TAP) – Le 5ème Salon Régional des Arts plastiques à Tataouine offre une restitution visuelle multicolore de la géographie du sud-est tunisien et son riche patrimoine vestimentaire et culturel qui remonte à l’aube des temps.

La scène artistique à Tataouine vit actuellement sous le rythme de ce salon annuel organisé du 26 novembre jusqu’au 10 décembre à la salle d’expositions du complexe culturel de la ville.

L’exposition comprend 21 œuvres d’artistes peintres,- jeunes et moins jeunes, confirmés et autodidactes dont 8 plasticiennes-, d’expressions artistiques variées et issus de diverses régions du pays.

//Des toiles calquées sur le riche patrimoine sudiste//

Les plasticiens et plasticiennes ont pour la plupart abordé des thèmes en relation avec la géographie et l’histoire traçant les contours de la planète souvent rêvée des sagas du 7ème art qui y ont été filmées.

Une sculpture en bois d’olivier intitulée « rév…olution » de l’artiste Zid Assal, trône au cœur de la salle d’exposition. Réalisée à partir d’un olivier entier âgé de 25 ans, cette sculpture géante, -reposant sur un socle en fer forgé-, est traitée avec des huiles naturelles.

L’exposition est également un voyage dans l’univers de la calligraphie arabe, les formes géométriques, les couleurs et les matériaux. Une symphonie visuelle est jouée dans de toiles d’artistes habités par l’amour de la vie.

La beauté des villages berbères et les Ksours arabes qui peuplent la région est reproduite dans des toiles où l’esthétique des couleurs embrasse l’imaginaire du visiteur.

D’autres artistes présentent des oeuvres réalisées à partir de photos en noir et blanc dominées par cette notion plutôt pessimiste. Elles tracent le vécu de gens épris par leur envie de se libérer de l’espace, de la société et tout ce qui les entoure.

Toutes les traditions du patrimoine de cette région du Sud-Est sont visibles dans les toiles exposées. Le visiteur est invité à contempler l’orgueil des cavaliers et leurs chevaux, parés de leurs beaux costumes traditionnels. Des images qui convergent dans l’univers généreux de la femme berbère, sa beauté inévitable et ses tatouages sur le visage et les mains qui défient le temps.

Dans une toile intitulée «un corps dans la profondeur des couleurs», se faufile la silhouette d’une jeune femme traversant les vagues bleutées d’une mer agitée, orientée vers une lumière qui couvre l’horizon qui l’entoure. Oeuvre de Hajer Triki, cette acrylique sur toile est une adaptation du monde coloré des femmes sudistes et les motifs amazighs qui ornent leurs habits et tapisseries hautes en couleurs.

//Préoccupations et espoirs des plasticiens de la région//

L’agence TAP en mission dans la région a eu une rencontre avec Zid Assal, artiste plasticien spécialiste dans la céramique et la sculpture sur bois. Il a fait un diagnostic de l’état des lieux de l’action picturale et des préoccupations des plasticiens de la région.

Il a parlé du nombre d’artistes participants qui n’a cessé d’évoluer depuis le lancement du Salon en 2014 avec uniquement 7 artistes, pour atteindre près du double, consécutivement, durant les deux années suivantes en 2015 (13) et 2016 (31).

En 2017, seulement 28 artistes ont participé. Ce chiffre a encore chuté cette année avec seulement 21 artistes dans des différentes spécialités d’arts dont la plupart des académiciens. Artistes diplômés des écoles d’arts et autres autodidactes sont présents.

Les œuvres exposées sont toutes de qualité, a estimé l’artiste évoquant une exposition vente proposant des prix qui varient entre 1200 et 20 mille dinars.

Cependant, il a relevé le faible montant alloué par la commission d’acquisitions des œuvres d’art, relevant du ministère des Affaires culturelles. «L’année précédente, seulement dix mille dinars ont été alloués pour l’acquisition de certaines toiles», un chiffre qui demeure insuffisant selon lui.

Les préoccupations des artistes plasticiens dans la région sont, à son avis, «principalement le statut de base et la couverture sociale afin de leur permettre des conditions de vie idoines pour un métier régi par des lois qui les protègent». Le projet de loi est encore en suspens, en attendant sa présentation à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour adoption.

Durant le reste de l’année, l’expression picturale est assez dynamique pour des artistes qui peinent à vivre de leur art. Les expositions sont généralement organisées dans les salles et des espaces disponibles dans la ville, à savoir le Centre Culturel, le complexe de jeunesse maghrébin et le hall de la municipalité de la ville.

L’exposition présente les œuvres de 13 plasticiens, à savoir Fraj Sfifir, Zid Assal, Khelifa Guesmi, Zied Hamouda, Abdallah Attounakti, Mahmoud al Hentech, Rami Alabbar, Mahmoud Gharb, Mouldi Bourghuiss, Abdessattar Ben Sadok, Fathi Soltani, Bachir Motawe et Ahmed Ghediri.

Les 8 plasticiennes sont Houda Ghamoun, Hanène Guedidi, Messaouda Haddad, Khaouther Fritiss, Hajer Triki, Khawla Warda, Yazza Abdelhamid et Douha Fritiss.

(NB, les noms des artistes sont écrits à partir d'une copie du catalogue de l'exposition, en langue arabe)

FATY

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